Olivier Auguste
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7. galerie 2005

Maison National set Pont 1 pont 2 Immersion à Mourmelon

LES CORPS-PAYSAGES D’OLIVIER AUGUSTE

« C’est toute la chair, d’ailleurs, que nous devrions tenir pour sacrée, ne serait-ce que pour la rapprocher davantage de l’esprit dont elle est sœur », écrivait Marguerite Yourcenar à son amie Suzanne Lilar. Et les corps-paysages d’Olivier Auguste sont des corps sacrés. Dit-on ainsi que ces corps sont sacrés parce qu’ils sont loin de nous ? Est sacré ce qui est distant, et que nous pourrions vénérer. Or le travail de peinture d’Olivier Auguste maintient l’admiration que l’on éprouve à voir ces corps-paysages en les tenant dans une proximité immédiate. On remarque les regards, les traits du visage et les chevelures. On note que tous ces corps ne sont pas inertes parce qu’ils sont habités d’émotion. Ces corps sont proches de nous parce qu’ils expriment des instants saisis non pas tant dans ce qu’ils ont d’immuable que dans un suspens tourné vers l’après. Après ces instants où affleure un sentiment d’interrogation ou une impossibilité de comprendre soi-même et le monde, on sait que le temps va bousculer ces moments fragiles fixés par l’artiste, pour livrer ces corps-paysages à leur avenir.

Après ces instants fugaces, quelque chose advient-il ? On ne le sait pas. Mystère du temps qui passe, inexorable. Olivier Auguste est sans aucun doute un peintre de l’attente. Mais son attente n’est pas une simple impatience qui voudrait hâter le cours du temps et que visiterait le désir, auquel cas elle serait vulgaire. Non, son attente consiste à capter ce qui dans ces corps-paysages, et aussi dans ces paysages sans corps où les formes humaines sont implicites, échappe à l’idée qu’on s’en fait. Ils pourraient être d’une beauté plus attendue, ces corps et ces paysages ; ils pourraient séduire plus ; ils pourraient susciter le désir davantage. Ils ne le font pas.

Chez Olivier Auguste, la beauté est visitée par un sentiment de désillusion : désillusion ne veut pas dire déception, mais curiosité à l’égard de ces formes du pictural qui pourraient être celles d’une séduction plate, et que l’on se refuse à tenir pour respectables. Pas de séduction plate mais des nœuds d’intensité dans les fonds de toile où se noue un lien paradoxal de frustration et de satiété, le tout et le rien donnés en même temps.

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